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Comment je prépare une base d’émail à l’atelier (ratios, essais et réglages)
Introduction
La fabrication d’un émail commence bien avant la cuisson.
Avant les effets de surface, la couleur ou la brillance, il y a une base.
Une base d’émail n’est pas une recette figée, mais un équilibre entre plusieurs matières premières, une argile, une température de cuisson et un four donné.
Dans cet article, je reviens sur la base d’émail présentée dans ce reel, sur les proportions de départ, et surtout sur la méthode que j’utilise pour les ajuster à l’atelier.
Les composants essentiels d’une base d’émail
Une base d’émail repose presque toujours sur trois grandes familles de matières :
– la silice, qui constitue le réseau vitreux
– le feldspath, qui apporte silice et alumine
– les fondants, qui abaissent la température de fusion
Selon leur nature exacte, leur provenance et leur pureté, ces matières réagissent différemment à la cuisson. C’est pour cela qu’une même recette ne donne jamais exactement le même résultat d’un atelier à l’autre.
Existe-t-il un ratio universel pour une base d’émail ?
La réponse est simple : non.
Il n’existe pas de proportion universelle valable pour tous les fours, toutes les argiles et toutes les températures.
En revanche, il existe de très bons points de départ pour travailler sereinement.
Pour une base simple et lisible, je conseille souvent de commencer autour de :
– environ 1/3 silice
– environ 1/3 feldspath
– environ 1/3 fondant
Ce ratio n’est pas une recette définitive, mais une base de travail.
Pourquoi commencer à 1/3 – 1/3 – 1/3
Ce type de répartition permet :
– de comprendre clairement le rôle de chaque composant
– d’observer facilement les effets des ajustements
– d’éviter des bases trop déséquilibrées dès le départ
À partir de cette base, il devient plus simple de faire évoluer l’émail sans perdre totalement sa cohérence.
La méthode d’essais que j’utilise à l’atelier
Plutôt que de chercher immédiatement la “bonne” recette, je travaille par séries de tuiles d’essais.
Étapes de travail
– partir d’une base proche de 1/3 – 1/3 – 1/3
– réaliser plusieurs tuiles d’essai
– faire varier les proportions de plus ou moins 5 % ou 10 %
– noter précisément chaque composition
Ces variations permettent d’observer :
– la qualité de fusion
– la tension de surface
– la matité ou la brillance
– les coulures
– l’adaptation à l’argile utilisée
C’est souvent à ce stade que l’émail commence réellement à révéler son potentiel.
Le rôle déterminant de l’argile et du four
Un même émail ne se comporte jamais de façon identique :
– sur une autre argile
– dans un autre four
– à une autre température
– ou dans une autre atmosphère de cuisson
L’argile interagit avec l’émail.
Le four transforme la matière.
C’est pour cela que les essais réalisés dans ton propre contexte sont toujours plus fiables qu’une recette copiée sans adaptation.
Pourquoi je ne donne pas de recette toute faite
On me demande souvent des proportions précises à appliquer directement.
Mais en céramique, donner une recette sans contexte, c’est donner une illusion de contrôle.
Ce qui fonctionne réellement sur le long terme, ce sont :
– des bases compréhensibles
– une méthode d’essai rigoureuse
– de l’observation
– et du temps
C’est exactement ce que je cherche à montrer dans ce reel et dans le travail quotidien à l’atelier.
Conclusion
Une base d’émail n’est pas un point d’arrivée.
C’est un terrain d’expérimentation.
Commencer autour de 1/3 – 1/3 – 1/3, varier de plus ou moins 5 à 10 %, réaliser des tuiles, observer et ajuster :
c’est souvent ainsi que naissent les émaux les plus justes et les plus personnels.
Si tu as des questions, tu peux les poser directement en commentaire sous le reel.
D’autres essais et processus viendront avec les prochaines cuissons.
